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    La tolérance
    selon André Comte-Sponville

    Tolérer, c’est accepter ce qu’on pourrait condamner, c’est laisser faire ce qu’on pourrait empêcher ou combattre. C’est donc renoncer à une part de son pouvoir, de sa force, de sa colère.
    La tolérance ne vaut que contre soi, et pour autrui. Il n’y a pas tolérance quand on n'a rien à perdre, encore moins quand on a tout à gagner à supporter, c’est à dire à ne rien faire.
    Quand la vérité est connue avec certitude, la tolérance est sans objet.
    La tolérance a ses limites.
    Elle ne vaut que dans certaine limites, qui sont celles de sa propre sauvegarde et de la préservation de ses conditions de possibilité. [mais] s’il ne faut pas tout tolérer, puisque ce serait vouer la tolérance à sa perte, on ne saurait non plus renoncer à toute tolérance vis à vis de ceux qui ne la respectent pas.

Cartes des vertus : Un moment provisoire.
« En attendant le beau jour où la tolérance deviendra aimante, nous dirons que la tolérance, la prosaïque tolérance est ce qu'on peut faire de mieux ! La tolérance - si peu exaltant que soit ce mot - est donc une solution passable ; en attendant mieux, c'est-à-dire en attendant que les hommes puissent s'aimer, ou simplement se connaître et se comprendre, estimons nous heureux qu'ils commencent par se supporter. La tolérance est donc un moment provisoire. » Jankélévitch
La simplicité est la vertu des sages et la sagesse des saints, la tolérance est sagesse et vertu pour ceux - nous tous qui ne sont ni l’un ni l’autre
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