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    La pureté
    selon André Comte-Sponville

    Etre pur c’est être sans mélange, et c’est pourquoi la pureté n’existe pas ou n’est pas humaine.
    Le pur c’est celui qui fait preuve de désintéressement, celui qui se donne tout entier à une cause, sans y chercher ni l’argent ni la gloire, « celui qui s’oublie et qui se compte pour rien »
    comme disait Fénelon, et cela confirme que la pureté, dans tous les cas, est le contraire de l’intérêt, de l’égoïsme, de la convoitise, de tout le sordide du moi.

    Carte des vertus
    Une vertu ? Sans doute, ou ce qui permet à l’amour d’en être une, et de tenir lieu de toutes. On ne confondra donc pas la pureté avec la continence, la pudibonderie ou la chasteté. Il y a pureté à chaque fois que l’amour cesse « d’être mélange d’intérêt », ou plutôt (puisque la pureté n’est jamais absolue) dans la mesure seulement où l’amour fait preuve de désintéressement : on peut aimer purement le vrai, la justice ou la beauté, et aussi, pourquoi pas, cet homme ou cette femme qui est là, qui se donne,et dont l’existence (bien plus que la possession !) suffit à me combler. La pureté c’est l’amour sans convoitise.

L’amour n’exerce ni ne subit la force ; c’est l’unique pureté. - Simone Weil-pu01

Tu seras aimé, le jour où tu pourras montrer ta faiblesse sans que l’autre s’en serve pour affirmer sa force. - Pavese-pu02

La béatitude n’est pas le prix de la vertu, mais la vertu elle-même ; et cet épanouissement n’est pas obtenu par la réduction de nos appétits sensuels, mais c’est au contraire cet épanouissement qui rend possible la réduction de nos appétits sensuels
. - Spinoza-pu03