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    La bonne foi
    selon André Comte-Sponville

La bonne foi est cette vertu qui fait de la vérité une valeur (c’est à dire puisqu’il n’y a pas de valeur en soi, un objet d’amour de respect, de volonté …), et qui s’y soumet.
Non, certes que la bonne foi vaille comme certitude, ni même comme vérité (elle exclut le mensonge, non l’erreur), mais en ceci que l’homme de bonne foi dit ce qu’il croit, (même s’il se trompe) comme il croit ce qu’il dit. Il y a plus que la sincérité. Etre sincère, c’est ne pas mentir à autrui ; être de bonne foi, c’est ne mentir ni à autrui, ni à soi.
La bonne foi règle, ou devrait régler, nos rapports à autrui aussi bien qu’à nous même. Elle veut, entre les hommes comme à l’intérieur de chacun d’entre eux, le maximum de vérité possible, d’authenticité possible, et le minimum, en conséquence, de truquages ou de dissimulations.

Faut-il tout dire ?
Non pas, puisqu’on ne peut. Le temps manque,et la décence l’interdit, et la douceur l’interdit. La bonne foi n’interdit pas le silence mais le mensonge, et encore point toujours. S’il faut mentir pour survivre, ou pour résister à la barbarie, ou pour sauver celui qu’on aime, qu’on doit aimer, nul doute pour moi qu’il faille mentir, quand il n’y a pas d’autre moyen, ou quand tous les autres moyens seraient pires.
Schéma d’Aristote
Vantardise/ bonne foi / dissimulation
Forfanterie/ bonne foi / secret.