Accueil Politique de civilisation

    L'amour
    selon André Comte-Sponville.
2-Philia
« Aimer, c'est se réjouir » Aristote.
Aimer un être, c'est désirer qu'il soit, quand il est (on ne fait autrement que l'espérer), c'est jouir de son existence, de sa présence, de ce qu'il offre de plaisirs et de joies .
Philia est l'amour joie, en tant qu'il est réciproque ou peut l'être : c'est la joie d'aimer ou d'être aimé, c'est la bienveillance mutuelle ou susceptible de le devenir, c'est la vie partagée , le choix assumé, la plaisir et la confiance réciproques, bref c'est l'amour action, qu'on opposera en cela à Eros (amour passion), même si rien n'interdit qu'ils puissent converger ou aller de pair.
    Philia et les autres éléments de l'amour : L'amour de convoitise, sans être forcément coupable, est un amour égoïste : c'est aimer l'autre pour son bien à soi. L'amour de bienveillance ou d'amitié au contraire, est un amour généreux : c'est aimer l'autre pour son bien à lui.

3-Agape
« Agape ou la charité est l'amour transfiguré en vertu », comme dit Jankélévitch, ou plutôt c'est l'amour « devenu permanent et chronique, étendu à l'universalité des hommes et à la totalité de la personne », qui peut certes porter sur celui ou celle dont on est l'amant ou l'ami, mais qui s'adresse à tous les humains, bons ou méchants, amis ou ennemis, qui n'empêche d'ailleurs pas de préférer ceux là (quant à l'amitié) ni de combattre ceux-ci (si on peut les combattre sans haine : si la haine n'est pas la seule motivation du combat), mais qui introduit, dans les relations humaines, cet horizon d'universalité que la compassion et la justice suggéraient déjà, certes, mais surtout négativement ou formellement, et que la charité pour autant qu'elle soit possible, vient remplir d'un contenu positif et concret.
C'est l'acceptation joyeuse de l'autre, et de tout autre. Tel qu'il est, et quoi qu'il soit.
   - Agapé et les autres éléments de l'amour : Il se peut qu'Agapé ne soit en vérité qu'un halo de douceur, de compassion et de justice, qui viendrait tempérer la violence du manque ou de la joie, qui viendrait modérer ou creuser ce que nos autres amours peuvent avoir de trop brutal ou de trop plein Il y a un amour qui est comme une faim, un autre qui résonne comme un éclat de rire. La charité ressemblerait plutôt à un sourire, quand ce n'est pas, cela lui arrive, à une envie de pleurer.
Cartes des vertus 
La charité si elle est possible, se reconnaîtrait pourtant à ceci (par quoi elle dépasserait la compassion) qu'elle n'a pas besoin de la souffrance de l'autre pour aimer
.