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    La justice
    selon André Comte-Sponville .

Etre juste, au sens moral du terme, c’est refuser de se mettre au dessus des lois (par quoi la justice, même comme vertu, reste liée à la légalité) et des autres (par quoi elle reste liée à l’égalité).
[…]La justice est cette vertu par laquelle chacun tend à surmonter la tentation inverse, qui consiste à se mettre plus haut que tout et à tout sacrifier, en conséquence, à ses désirs ou à ses intérêts.
La justice se tient dans la mesure que symbolise sa balance, autrement dit dans l’équilibre ou la proportion : à chacun sa part, ni trop, ni trop peu et à moi-même - par quoi la justice, malgré sa mesure ou à cause d’elle, reste pour chacun un horizon presque inaccessible - comme si j’étais n’importe qui.

- Justice et loi injuste : résistance
Quand la loi est injuste, il est juste de la combattre –et il peut être juste parfois de la violer. […] La morale passe d’abord, la justice passe d’abord, du moins quand il s’agit de l’essentiel, et c’est à quoi peut-être l’essentiel se reconnaît. L’essentiel ? La liberté de tous, la dignité de chacun, et les droits d’abord de l’autre.
Justice et loi injuste : équité
Aristote avait déjà montré que la justice ne saurait être toute entière contenue dans les dispositions nécessairement générales d’une législation. C’est pourquoi en son sommet elle est équité . « L’équitable, explique Aristote, tout en étant juste n’est pas le juste selon la loi, mais un correctif de la justice légale », lequel permet d’adapter la généralité de la loi à la complexité changeante des circonstances et à l’irréductibles singularité des situations concrètes.
L’équité est une vertu générale et complète, elle contient ou suppose toutes les autres . Aristote disait qu’on la considère « comme la plus parfaite des vertus, et que ni l’étoile du soir, ni l’étoile du matin ne sont ainsi admirables ».