Accueil Politique de civilisation

    La générosité
    selon André Comte-Sponville .

La générosité est la vertu du don. Mais on ne peut donner que ce qu’on possède et à condition seulement de n’en être pas possédé. La générosité est en cela indissociable d’une forme de liberté ou de maîtrise de soi. Descartes y voyait le principe de toute vertu, mais aussi le souverain bien, pour chacun. Le souverain bien ne consiste «qu’en une ferme volonté de bien faire, et au contentement qu’elle produit ». Bonheur généreux, qui réconcilie, « les deux plus contraires et plus célèbres opinions des anciens» ; celle des épicuriens (pour lesquels le souverain bien est le plaisir) et celle des stoïciens (pour lesquels c’est la vertu).
Générosité et solidarité
La solidarité est d’abord le fait d’une cohésion, d’une interdépendance, d’une communauté d’intérêts ou de destin. […]Elle ne vaut moralement que ce que valent les intérêts qui ne valent guère.

Cartes des vertus 
Générosité et justice : La générosité est plus subjective, plus singulière, plus affective, plus spontanée, quand la justice, même appliquée, garde en elle quelque chose de plus objectif, de plus universel, de plus intellectuel ou de plus réfléchi. La générosité semble devoir davantage au cœur ou au tempérament ; la justice, à l’esprit ou à la raison. Les Droits de l’Homme, par exemple, peuvent faire l’objet d’une déclaration. La générosité non : il s’agit d’agir non en fonction de tel ou tel texte, de telle ou telle loi, mais au-delà de tout texte, au-delà de toute loi, en tout cas humaine, et conformément aux seules exigences de l’amour, de la morale […] .
Générosité et amour : L’amour ne se commande pas ; la générosité, si .
Fusions :
Jointe au courage, elle peut être héroïsme .
Jointe à la justice, elle se fait équité .
Jointe à la compassion elle se fait bienveillance .
Jointe à la miséricorde, la voilà indulgence .
Mais son plus beau nom est son secret, que chacun connaît : jointe à la douceur, elle s’appelle bonté.