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    La compassion
    selon André Comte-Sponville .

C'est la sympathie dans la douleur ou la tristesse. C'est la participation à la souffrance d'autrui.
C'est sans doute la plus universelle de nos vertus car la compassion sympathise avec tout ce qui souffre, animaux compris.
Elle est différente de la pitié qui ne va jamais sans une part de mépris ou à tout le moins sans le sentiment chez celui qui la ressent, de sa propre supériorité. Il y a de la suffisance dans la pitié. La pitié s'éprouve de haut en bas, la compassion est un sentiment horizontal : elle n'a de sens qu’entre égaux ou plutôt, et mieux, elle réalise cette égalité entre celui qui souffre et celui, à côté de lui et dès lors sur le même plan, qui partage sa souffrance. Pas de pitié, en ce sens, sans une part de mépris, pas de compassion en respect.

Etymologie
compassio, de compati «souffrir». - Compatir.

Et, en voyant cette multitude d'hommes, il fut ému de compassion pour eux, parce qu'ils étaient harassés et abattus, comme des brebis qui n'ont pas de pasteur. - Évangile selon saint Matthieu-com01

Il y a souvent plus d'orgueil que de bonté à plaindre les malheurs de nos ennemis : c'est pour leur faire sentir que nous sommes au-dessus d'eux que nous leur donnons des marques de compassion. - La Rochefoucauld-Maximes-com02

S'il est vrai que la pitié ou la compassion soit un retour vers nous-mêmes qui nous met en la place des malheureux (...) - La Bruyère-Les Caractères-com03

Une grande âme est au-dessus de l'injure, de l'injustice, de la douleur, de la moquerie ; et elle serait invulnérable si elle ne souffrait par la compassion. - La Bruyères-Les Caractères-com04

La compassion est un amour qui s'afflige du mal de la personne qu'on aime. -Fénelon-com0
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