Edgar MORIN |
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1997 LF : Mais l’essentiel de la politique de civilisation devrait être mis en oeuvre au niveau de chaque pays. Quelles en sont les finalités et les grandes lignes ?
2002 Extraits Les progrès de l'individualisme permettent l'autonomie et la responsabilité personnelle. Mais ils ont pour revers la désintégration des solidarités traditionnelles, familiales, locales et professionnelles. Seules des solidarités anonymes se sont développées, comme l'Assurance maladie, la Sécurité sociale... La difficulté à établir une relation authentique durable avec autrui et à s'insérer dans une communauté de destin relève d'un problème de civilisation.... Il faut savoir que la société «fonctionne» avec de la civilité. L'effacement de la courtoisie rend difficile le dialogue, la compréhension d'autrui. Elle favorise les bousculades, grossièretés, insolences et finalement les violences. La disparition du salut, l'effacement des signes traditionnels de politesse traduisent une dégradation des relations humaines... C'est une banalité creuse d'affirmer qu'il faut moderniser la politique française. L'urgence est en fait beaucoup plus ambitieuse: elle est, si j'ose dire, de la post-moderniser, d'envisager un au-delà de la modernité. Je suis persuadé qu'on ne peut continuer sur la voie dite du développement avec l'obsession de l'efficacité-rentabilité économique et de la primauté de la technique. Nous devons comprendre que la qualité doit primer sur la quantité, que ce qui est proprement humain échappe au calcul. Nous verrons la revanche d'Ivan Illich, prophète de la convivialité..." |
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