Edgar MORIN


 Article wikipedia

 Post moderniser la politique - Interdépendance problèmes fondamentaux avec problèmes individuels et privés - Aménagement du territoire - Humaniser les villes - Civilité -

1997
n° 28
Entretien avec Edgar Morin : pour une politique de civilisation

LF : Mais l’essentiel de la politique de civilisation devrait être mis en oeuvre au niveau de chaque pays. Quelles en sont les finalités et les grandes lignes ?
S’il y a une crise de civilisation, c’est parce que les problèmes fondamentaux sont considérés en général par la politique comme des problèmes individuels et privés. Cette dernière ne perçoit pas leur interdépendance avec les problèmes collectifs et généraux. La politique de civilisation vise à remettre l’homme au centre de la politique, en tant que fin et moyen, et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien-être. Elle devrait reposer sur deux axes essentiels, valables pour la France, mais aussi pour l’Europe : humaniser les villes, ce qui nécessiterait d’énormes investissements, et lutter contre la désertification des campagnes.
..../...
Article dans son intégralité

 

2002

Entretien avec Alexis LACROIX au FIGARO le 19 Juillet

Extraits
"Notre civilisation favorise non seulement l'individualisme, ce qui est une de ses vertus, mais aussi ses excès dans l'égocentrisme et l'hédonisme et elle désintègre les communautés concrètes...

Les progrès de l'individualisme permettent l'autonomie et la responsabilité personnelle. Mais ils ont pour revers la désintégration des solidarités traditionnelles, familiales, locales et professionnelles. Seules des solidarités anonymes se sont développées, comme l'Assurance maladie, la Sécurité sociale...

La difficulté à établir une relation authentique durable avec autrui et à s'insérer dans une communauté de destin relève d'un problème de civilisation....

Il faut savoir que la société «fonctionne» avec de la civilité. L'effacement de la courtoisie rend difficile le dialogue, la compréhension d'autrui. Elle favorise les bousculades, grossièretés, insolences et finalement les violences. La disparition du salut, l'effacement des signes traditionnels de politesse traduisent une dégradation des relations humaines...

C'est une banalité creuse d'affirmer qu'il faut moderniser la politique française. L'urgence est en fait beaucoup plus ambitieuse: elle est, si j'ose dire, de la post-moderniser, d'envisager un au-delà de la modernité. Je suis persuadé qu'on ne peut continuer sur la voie dite du développement avec l'obsession de l'efficacité-rentabilité économique et de la primauté de la technique. Nous devons comprendre que la qualité doit primer sur la quantité, que ce qui est proprement humain échappe au calcul. Nous verrons la revanche d'Ivan Illich, prophète de la convivialité..."