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La force de sidération du capitalisme tient beaucoup à cette panne d’imaginaire - Retrouver le principe d’espérance car le risque écologique est aussi pour l’humanité l’opportunité de se reconnaître, face aux logiques identitaires, une communauté de destin - Il nous faut faire de la question de l'art de vivre et de la sagesse un enjeu politique et pas seulement individuel, |
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2008

Age de faire n°16
Et si le chaos avait déjà eu lieu ?
AdF. - Notre impuissance de « lapin face au boa », n’est-elle pas simplement notre complicité, notre dépendance au modèle capitaliste ?
P. V. : C’est aussi notre panne d’imaginaire qui nous conduit souvent à rester sur des modèles binaires. La force de sidération du capitalisme tient beaucoup à cette panne d’imaginaire.
l’AdF. - Pensez-vous qu’une sortie de crise soit possible sans un changement radical de modèle économique ?
P. V. : Non. Mais ce n’est pas seulement une crise qui est en cours mais la fin d’un monde. L’émergence d’un nouveau monde passe aussi par un nouveau rapport au politique fondé sur une vision d’un POUVOIR DE CRÉATION que l’on se donne et qui est démultiplié par la coopération, plutôt que sur l’obsession
d’un POUVOIR À PRENDRE qui fonctionne, lui, à la peur et à la domination. Car c’est sur ce rapport non transformé au pouvoir que la plupart des alternatives au capitalisme ont dérapé.
l’AdF. - Le champ de l’économie solidaire pourrait à grande échelle révolutionner nos vies en douceur.
N’est-ce pas une piste de SDM ?
P. V. : Tout à fait, mais il faut inscrire aussi l’économie sociale et solidaire dans la vision plus large d’une économie plurielle qui intègre aussi l’économie publique et le marché dès lors qu’il est écologiquement et
socialement régulé.
Les posssibilités d'un changement de société
Articuler principe d’espérance et de responsabilité.
Nous avons à juste titre insisté les uns et les autres sur le principe de responsabilité. Mais il nous faut aussi retrouver le principe d’espérance car le risque écologique est aussi pour l’humanité l’opportunité de se reconnaître, face aux logiques identitaires, une communauté de destin.
Articuler transformation personnelle et sociale
Tension dynamique du personnel et du mondial et pas seulement du local et du global. Car le plus difficile n’est pas la production économique mais l’organisation d’un vivre ensemble qui fasse sens et réponde à la demande fondamentale de tout être humain : le désir de trouver sa place dans une histoire qui fasse sens.
Construction de la joie de vivre
Elle doit être au coeur des projets alternatifs non seulement pour résister au mal être et à la maltraitance du capitalisme et du productivisme mais aussi pour échapper aux dérives sectaires et non démocratiques de ce que l’on pourrait appeler le « militantisme sacrificiel ».
Changer notre rapport à la richesse
Ainsi qu’à l’argent, au pouvoir, mais aussi à la vie elle-même : l’art de vivre « à la bonne heure », opposer la puissance créatrice et la capacité d’émerveillement (et d’indignation !) à la puissance dominatrice et au cynisme désabusé.
Promouvoir « la haute qualité démocratique »
A l’instar de la « haute qualité environnementale », construire le conflit comme alternative à la violence, le désaccord fécond comme outil de progression de la discussion dans un débat ; la démocratie étant notamment l’art de transformer des ennemis en partenaires-adversaires.
Repérer les potentialités créatrices
Il ne suffit pas d’affirmer qu’un autre monde est possible. En fait, une autre manière d’être au monde est déjà là et il nous faut apprendre à voir pour donner à voir. Et à mettre en réseau toutes les initiatives de ce que l’on appelle souvent l’émergence des « créatifs culturels ». Cela permet d’articuler, à l’instar de l’expérience du mouvement ouvrier mutualiste et coopératif au XIXe siècle, trois postures complémentaires et non contradictoires : la lutte, la proposition transformatrice (donnant lieu à bataille juridique par exemple) et l’expérimentation sociale (tout ce qui est immédiatement réalisable est entrepris).
Le principe de cohérence
L’importance de la cohérence de la forme et du fond et de la capacité à vivre réellement nos valeurs affichées en se souvenant du sens fort du mot valeur : la force de vie ! Il nous faut faire de la question de l'art de vivre et de la sagesse un enjeu politique et pas seulement individuel.
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